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Choix de la technique d'isolation d'un mur creux

 

En bref !

  Le choix de la technique d'isolation du mur creux se fait en fonction des différents critères ci-dessous :

Le type de mur creux

Suivant que le mur creux est récent ou pas, la technique d'isolation n'est pas la même :

  • Dans la coulisse des murs anciens, les murs intérieurs et extérieurs sont liaisonnés par des briques qui constituent autant de ponts thermiques. Inutile de placer un isolant dans la coulisse. On envisage plutôt l'isolation par l'extérieur ou pas l'intérieur.

  • Dans la coulisse des murs plus récents, il est nécessaire d'inspecter à l'aide d'un endoscope l'importance des ponts thermiques et, en fonction de celle-ci, de traiter ou pas l'isolation dans la coulisse.

La présence d'une couche imperméable extérieure

Lorsqu'on réalise une isolation dans la coulisse, le parement de façade ne peut pas être recouvert d'une couche extérieure imperméable empêchant la diffusion de la vapeur et le séchage du parement.

Le type de brique de parement

Attention, lors de la mise en place d'une isolation derrière le mur de parement dans la coulisse, de s'assurer que les briques de façade sont prévues pour résister aux contraintes thermiques plus importantes (moins soumises à l'influence de la température interne d'où risque de problèmes en cas de gel).

La qualité hygrothermique recherchée

En pratiquant une isolation par l'extérieur :

  • la continuité de l'isolant permet d'éviter les ponts thermiques et les effets de la condensation,
  • l'inertie est renforcée,
  • elle protège le gros-oeuvre des intempéries (pluies, gel, ...),

contrairement à l'isolation intérieure.

Le niveau d'isolation à atteindre

L'isolation dans la coulisse est limitée en épaisseur.

L'importance des travaux que l'on est prêt à réaliser

Il est important d'analyser correctement l'ampleur des travaux à réaliser. Suivant que l'isolation est envisagée à l'intérieur, à l'extérieur ou en coulisse, les contraintes sont différentes et entrainent des modifications plus ou moins importantes et onéreuses.

Une isolation par :

  • l'intérieur demande de modifier l'implantation de l'électricité, du chauffage, ...
  • l'extérieur nécessite de changer les seuils de fenêtre, d'intégrer les descentes d'eau, ...
  • la coulisse ne présente pas énormément de contrainte si ce n'est la présence de ponts thermiques importants à traiter.

L'esthétique et les contraintes urbanistiques

L'isolation par l'extérieur modifie l'esthétique du bâtiment et nécessite un permis d'urbanisme. Néanmoins, pour des façades vétustes, elle peut représenter un plus au niveau du "look"; enfin, chacun ses goûts !

L'isolation dans la coulisse ne modifie en rien l'esthétique de la façade.

L'isolation par l'intérieur n'est à envisager que lorsqu'on n'a pas d'autre choix.

L'espace intérieur disponible

L'isolation par l'intérieur diminue l'espace intérieur disponible.

Le type de mur creux

Il existe deux types de murs creux existants non isolés :

> Le mur creux ancien : les 2 parties du mur extérieur ont des liaisons maçonnées fréquentes entre elles notamment aux linteaux, sur le côté des baies, au niveau des planchers, au niveau des bandeaux en pierre bleue, etc. Ces nombreux contacts ne sont pas toujours protégés par des membranes d'étanchéité; ce qui représente souvent une cause d'humidité. Ce type de mur se retrouve, en général, dans les bâtiments datant d'avant 1939.

> Le mur creux récent : la liaison entre les 2 parties du mur se fait par des crochets d'acier galvaniséavec casse-goutte.
Néanmoins, dans ce type de mur, les ponts thermiques peuvent, quand même, être assez nombreux : linteaux monolithes, contact entre la maçonnerie de parement et le mur intérieur au droit des baies, contact entre le seuil de fenêtre et le mur intérieur, etc. C'est souvent le cas par exemple, dans les murs datant des années 1950-1960. Dans ce type de mur, en général, en plus des membranes placées à chaque interruption de coulisse, des barrières d'étanchéité étaient placées aux points de contact entre les parois extérieures et intérieures de manière à empêcher le transfert d'humidité vers l'intérieur.

Dans les murs creux récents non isolés mais plus récents (1960 à 1970 -1980, date à partir de laquelle la pose d'un isolant dans la coulisse du mur est devenue courante), les ponts thermiques sont moins fréquents mais peuvent encore néanmoins exister.

Dans le premier cas, il est préférable de ne pas isoler dans la coulisse : les nombreuses liaisons maçonnées constitueraient, après isolation par cette technique, autant de ponts thermiques. On choisit, dans ce cas une isolation par l'intérieur ou par l'extérieur.

Dans le second cas, le choix de la technique d'isolation dépend de la quantité de ponts thermiques et de la possibilité de les traiter. Cette vérification peut se faire, sans démonter le mur, au moyen d'un appareil : l'endoscope. Si les plans de détails du bâtiment sont encore disponibles, il peut être utile de les examiner. On ne choisit la technique de l'isolation dans la coulisse que s'il est possible de traiter les ponts thermiques. Sinon, on choisit une autre technique.

Endoscope appareil permettant l'observation à distance à l'intérieur d'un corps creux par l'intermédiaire d'un trou de 10 à 12 mm de diamètre foré dans les joints de mortier.

La présence d'une couche imperméable extérieure

Lorsqu'on isole dans la coulisse, l'eau présente dans le parement provenant des infiltrations des pluies, doit pouvoir être évacuée vers l'extérieur par le drainage de la coulisse, d'une part, et par le séchage du parement, d'autre part. Pour ne pas entraver ce séchage, la surface extérieure du mur de parement ne peut être imperméable à la vapeur d'eau. Ainsi dans le cas d'un revêtement imperméable à la vapeur, on choisit une autre technique d'isolation. Si le revêtement extérieur est une peinture, cette dernière doit être enlevée, mais ce n'est pas toujours facile à réaliser.

Le type de brique de parement

D'une façon générale, lorsqu'on place un isolant derrière le mur de parement (isolation dans la coulisse ou isolation intérieure), ce dernier subit moins les influences de la température intérieure. Il sera plus froid en hiver et plus chaud en été. Le mur de parement subit des variations de température plus grandes et plus fréquentes; les contraintes thermiques sont plus importantes.

Ainsi, lors de la conception d'un mur creux neuf isolé, il est conseillé d'utiliser une brique résistant au gel. La norme "Brique de parement" prévoit 3 classes de résistance au gel. Pour les murs creux avec remplissage partiel, on doit utiliser des briques de parement de la classe "résistance normale au gel", et avec un remplissage complet, la classe "très résistante au gel".

Il nous semble donc logique que dans le cas d'une rénovation, le mur de parement doive respecter le même critère en cas d'isolation dans la coulisse.

Dans l'ouvrage La Rénovation et l'Energie - Guide pratique pour les architectes, les consignes sont cependant moins sévères : si la brique et le mortier sont sensibles au gel, il est conseillé de ne pas isoler dans la coulisse, mais ce uniquement dans le cas d'un mur avec peinture extérieure.

La qualité hygrothermique recherchée

Continuité de l'isolation

Avec une isolation par l'intérieur, la continuité de l'isolation est très difficile à assurer au droit des murs de refend, des planchers, des fondations, des plafonds et des balcons. L'annulation des ponts thermiques avec une isolation dans la coulisse dépend fort de la géométrie des détails techniques du mur creux. Avec une isolation par l'extérieur, la continuité de l'isolation est plus facile à assurer; seul le pont thermique au droit d'un balcon reste difficile à éviter. Dans les trois systèmes d'isolation, une attention particulière doit être portée au niveau des baies (linteaux, seuils, retours de baies).

L'importance des ponts thermiques, va, non seulement, engendrer des risques de condensation superficielle mais augmente également les déperditions calorifiques.

Isolation par l'extérieur.

Isolation par l'intérieur.

Exemple.

Dans des immeubles collectifs à structure lourde, on a calculé que l'isolation par l'extérieur engendrant 2 à 3 fois moins de ponts thermiques que l'isolation par l'intérieur, une épaisseur de 5 cm équivalait à une épaisseur d'isolation intérieure de 7 à 10 cm au niveau des déperditions thermiques globales du bâtiment.

Inertie thermique

L'isolation par l'extérieur ou l'isolation dans la coulisse permet d'utiliser l'inertie thermique des murs extérieurs, ce qui engendre des variations moins rapides du climat intérieur des locaux. L'inertie permet ainsi de limiter les surchauffes en été.

Le mur de façade, lorsqu'il est isolé par l'intérieur, ne peut plus accumuler puis restituer la chaleur (ou la fraîcheur) intérieure, ce qui diminue l'inertie thermique du bâtiment et est favorable en cas d'occupation intermittente.

Contraintes hygrothermiques dans le gros-oeuvre

Un système d'isolation par l'extérieur protège le gros-oeuvre des pénétrations de pluie, des variations importantes de température journalière et saisonnière ainsi que du gel et donc des contraintes hygrothermiques qui les accompagnent.

Avec une pose d'un isolant par l'intérieur ou l'injection d'un isolant dans la coulisse, au contraire, les variations de température journalières et saisonnières sont amplifiées, engendrant des contraintes. A celles-ci, il faut ajouter celles résultant des alternances d'humidification et de séchage des maçonneries. Dans ces conditions, des fissures résultant de mouvements hygrothermiques peuvent difficilement être évitées.

Le niveau d'isolation à atteindre

L'isolation par l'intérieur ou par l'extérieur permet de choisir l'épaisseur d'isolant. Avec l'isolation dans la coulisse, le niveau d'isolation est limité par la largeur de la coulisse.

L'importance des travaux que l'on est prêt à réaliser

L'isolation par l'extérieur permet de ne pas devoir déplacer les conduites et appareils électriques, sanitaires et de chauffage. Par contre, étant donné la surépaisseur à l'extérieur, des problèmes d'alignement doivent être résolus, par exemple au droit des gouttières, des descentes d'eau, des raccords avec les propriétés voisines ou publiques.
Les seuils en pierre doivent être remplacés par des seuils plus fins.
Dans certains cas (exemple : dormant des châssis trop fins, ...), il faut remplacer les châssis ou découper les maçonneries des battées.

L'isolation par l'intérieur nécessite le déplacement des appareils électriques, sanitaires et de chauffage placés du côté des murs de façade.

En outre, l'isolation par l'intérieur permet d'isoler un ou plusieurs locaux mais pas nécessairement l'ensemble du bâtiment.

L'isolation dans la coulisse, quant à elle ne demande pas de travaux annexes à l'extérieure ou à l'intérieure du bâtiment. Par contre, certaines interventions seront sans doute nécessaires au niveau même du mur afin d'éviter les ponts thermiques. Néanmoins cette technique reste la plus simple et la moins coûteuse à réaliser.

L'esthétique et les contraintes urbanistiques

L'isolation par l'extérieur modifie, en général, l'aspect extérieur du bâtiment. Une demande de permis d'urbanisme est nécessaire. Si le revêtement extérieur est détérioré, ce système améliore l'aspect extérieur.

Remarque : de par son épaisseur, l'isolant posé à l'extérieur fait apparaître les châssis plus enfoncés dans la façade. De même, suivant la pose au niveau du linteau et du retour de baie, la hauteur du dormant du châssis peut paraître moins importante.

L'isolation dans la coulisse, quant à elle, ne modifie en rien l'aspect extérieur.

Vu les risques liés à l'isolation par l'intérieur, cette technique ne peut se justifier que lorsque l'aspect extérieur doit rester inchangé (briques ou pierres "de caractère"....) et que l'isolation dans la coulisse ne peut se faire.

L'espace intérieur disponible

L'isolation par l'intérieur diminue l'espace intérieur disponible.

Exemple.

On isole un bâtiment par l'intérieur. Un local de (7 x 4) m², soit 28 m², par exemple, dont 2 des murs sont des murs de façade, une épaisseur de 10 cm d'isolant + finition diminue la surface au sol de 1,09 m², soit 4 %.

 

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