THÉORIES
Principe des Degrés-Jours |
La consommation de chauffage est liée à l'écart de température entre l'ambiance intérieure et l'extérieur du bâtiment.
Or la température varie d'un lieu à un autre.
La notion de "Degré-Jour" a été introduite pour permettre la détermination de la quantité de chaleur consommée sur une période donnée et pour effectuer des comparaisons entre des bâtiments situés dans des zones climatiques différentes.
Le principe consiste à additionner, jour après jour, les écarts de température existant entre l'intérieur et l'extérieur. Par exemple, si, en moyenne de la journée, il fait 20° à l'intérieur et 5° degrés à l'extérieur, on parlera de 15 degrés-jours. De même 3 journées à 0°C extérieurs seront comptabilisés comme 60 Degrés-Jours.
En additionnant tous les écarts entre intérieur et extérieur sur tous les jours de la période de chauffe, on aura un nombre proportionnel au besoin de chaleur du bâtiment : les Degrés-Jours du lieu.
En généralisant :
Le nombre de Degrés-Jours d'une période de chauffage est égal au produit du nombre de jours chauffés multiplié par la différence entre la température intérieure moyenne du local considéré et la température extérieure moyenne.
DJ = nombre de jours chauffés x (T intérieure moyenne - T extérieure moyenne).
Un bâtiment possède une certaine inertie. On a donc considéré que son besoin de chauffage était proportionnel à la température moyenne d'une journée (et non à la température la plus froide de la nuit). Il a été convenu de prendre comme référence la moyenne arithmétique entre la température minimale de nuit et maximale de jour.
Ainsi, une température minimale de -5°C à 3h00 du matin et +7° à 15h00, va être comptabilisée comme une journée dont la température moyenne est de 1°C.
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Degrés-Jours "normaux" en base 15/15 |
La chaleur à fournir au bâtiment n'est pas rigoureusement proportionnelle à la différence entre la température extérieure moyenne et la température de confort du local. En effet, le bâtiment jouit de certains apports gratuits : le soleil, la chaleur produite par les occupants et les équipements (les gains internes).
Ainsi, pour une habitation domestique, l'expérience a appris que dans notre pays une température intérieure moyenne (moyenne sur l'ensemble des pièces et moyenne sur les 24 heures de la journée) de 18°C pouvait être considérée comme représentative de la température de confort désirée.
Et les apports gratuits (gains internes et externes) sont estimés en moyenne à environ 3°C.
Si bien que le système de chauffage ne doit plus chauffer que jusque 15°C (le soleil et l'occupation permettant la montée de la température jusque 20°C).
De même, s'il fait 15°C dehors, le chauffage peut être interrompu : on est en dehors de la saison de chauffe.
On parle alors de "Degrés-Jours en base 15/15" comme étant l'indicateur représentatif des besoins de chauffage dans notre région.
Ainsi, une température minimale de -5°C à 3h00 du matin et +7° à 15h00, va être comptabilisée comme 14 DJ en base 15/15.
Des moyennes de ces Degrés-Jours ont été établies par l'IRM sur les 30 dernières années : ce sont les Degrés-Jours Normaux. Ils servent de référence pour définir la rigueur moyenne de l'hiver.
A titre d'exemple, le tableau ci-dessous indique la valeur des Degrés-Jours 15/15 normaux (DJ 15/15) pour les différents mois de la période de chauffe et pour la période de chauffe, pour un certain nombre de villes et communes. Il indique également la durée de la période de chauffe et la température extérieure moyenne durant celle-ci.

Remarque : ce tableau date quelque peu et a été remis à jour avec de nouvelles valeurs normalisées annuelles que voici :
| Normales annuelles |
Arlon | 2566,6 |
Bruxelles (Uccle) | 2074.3 |
Chastre-Blanmont (Brabant) | 2662,1 |
Ciney | 2471,5 |
Hockay | 2844,5 |
Libramont | 2795,1 |
Liège-Monsin | 2016,0 |
Middelkerke | 2261,3 |
Malonne (Namur) | 2235,4 |
Mont Rigi | 3315,7 |
Nadrin (Luxembourg) | 2919,7 |
Stavelot | 2969,5 |
Thirimont (Hainaut) | 2334,6 |
Wasmuel (Hainaut) | 2131,0 |
S'il fait 8°C au petit matin en juillet et 18°C l'après-midi (donc température moyenne de 13°C), faut-il comptabliser 2 Degrés-jours 15/15 ? Pour l'IRM : oui, bien sûr. Pourtant, on sait que la chaudière ne sera pas remise en route pour autant et qu'il ne faut donc pas comptabiliser ce "froid"-là.
L'ATIC a donc défini des critères de début et de fin de saison de chauffe :
On notera que cela explique certaines différences trouvées entre tableaux de degrés-jours : certains sont basés sur les données strictes de l'IRM, d'autres sont basées sur les valeurs de l'ATIC où "l'été n'est pas comptabilisé".
Les degrés jours réels de ces dernières années
| Pour connaître l'évolution des Degrés-Jours de Uccle, cliquez ici ! |
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Degrés-Jours "équivalents" |
En toute rigueur, le calcul des Degrés-Jours repose sur le calcul des apports solaires propres à chaque bâtiment. Ainsi, un bâtiment fortement vitré bénéficiera d'un apport solaire hivernal important et ses besoins de chauffage diminueront d'autant.
De plus, un bâtiment bien isolé verra sa chaudière coupée plus tôt puisque les mêmes apports des équipements intérieurs (l'éclairage par exemple) feront monter plus vite la température intérieure.
La figure ci-dessous permet de visualiser la réalité :
SC : c'est le lieu des températures moyennes atteintes à l’intérieur sans apport de chauffage. La courbe rouge est au-dessus de la courbe jaune : les températures intérieures sont supérieures aux températures extérieures par l'action des gains solaires.
NC, c’est-à-dire la température au-delà de laquelle il n’est plus nécessaire de chauffer, car le supplément de température permettant d’atteindre la droite des températures de confort est fourni par les gains internes (supposés constants). 
La surface rectangulaire rouge représente donc les degrés-jours équivalents du mois de novembre (10,5°C x 30 jours = 315 DJ).
La surface hachurée comprise entre la courbe sans chauffage et la droite de non-chauffage représente les Degrés-Jours du bâtiment considérés sur la période de chauffage, encore appelés "Degrés-Jours Equivalents".
Ce calcul qui fournit précisement les besoins du bâtiment est assez complexe, notamment parce qu'il suppose une évaluation de l'ombrage des bâtiments voisins sur les façades, parce qu'il intègre la notion d'inertie dans la récupération des apports solaires, etc...
La méthode de calcul détaillée est reprise dans la NIT 155 (Note d'Information Technique du CSTC).