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Choix de l'atrium

 

 

En bref !

Choix du statut de l'atrium

Parce que le comportement thermique de l'atrium est complexe, l'auteur du projet et le maître d'ouvrage doivent d'emblée définir son statut; à savoir, est-il imaginé :

  • pour créer un espace thermique tampon entre deux bâtiments (c'est l'atrium proprement dit);
  • pour amener de la lumière naturelle dans un bâtiment (c'est le puits de lumière).

Il faut savoir aussi que l'atrium est un espace de communication, un outil de climatisation passive s'il n'est pas chauffé ni refroidi, par contre un gouffre énergétique et économique si on envisage de le chauffer et/ou de le refroidir.

Choix de la configuration

Plusieurs configurations d'atrium sont possibles : celles à conseiller sont l'atrium "linéaire" (orienté nord-sud) et "central" par rapport aux configurations de l'atrium "enveloppe" et "adjacent" dont le comportement est celui d'une serre (froid en hiver, chaud en été). Pour les grands bâtiments, on privilégie l'apport de lumière naturelle en concevant l'atrium avec de larges ouvertures vers le ciel et un axe nord-sud. Pour les petits bâtiments, une ouverture vers le sud est intéressante. (attention toutefois aux surchauffes).

Choix de la ventilation

La présence de l'atrium modifie l'organisation de la ventilation du bâtiment. Les mouvements d'air dépendront de la saison et de l'effet recherché. En hiver, l'air hygiénique est pris de l'extérieur vers l'atrium pour être réchauffé par la chaleur du bâtiment et/ou par les apports solaires (si présent) pour être ensuite envoyé dans les locaux. A l'inverse, en été une ventilation est organisée de l'extérieur vers l'atrium en transitant d'abord par les locaux. Ensuite cet air est extrait naturellement par des ouvertures prévues en toiture en profitant de l'effet cheminée ou des extracteurs de fumée. En été, on peut aussi profiter du refroidissement traversant nocturne pour décharger la chaleur accumulée dans la masse du bâtiment.

Choix du chauffage

En principe, il n'est pas nécessaire de chauffer un atrium pour autant qu'il soit réservé à des activités telles que les loisirs et la circulation. La température y est "flottante" et parfois inférieure à 20 °C. Si par contre on prévoit de maintenir une consigne de température proche de celle des locaux du bâtiment, il faudra prévoir un type de chauffage radiatif plutôt que convectif (problème de stratification des températures), des doubles vitrages à basse émissivité au niveau de l'atrium en évitant le placement d'un isolant entre l'atrium et les locaux.

Choix de l'éclairage

Evidemment on privilégiera l'éclairage naturel en choisissant des vitrages clairs pour l'atrium, des murs verticaux réfléchissants, des surfaces vitrées réduites pour les locaux des étages supérieurs (pour éviter l'éblouissement par les vitrages et accentuer la réflexion vers le bas de la lumière naturelle sur les surfaces claires non vitrées).

Gestion de la surchauffe d'été

Pour éviter ou limiter les surchauffes en été dans le bâtiment et plus spécifiquement dans l'atrium, il est nécessaire :

  • de limiter les apports solaires en prévoyant des ombrages amovibles;
  • d'organiser la ventilation de manière à évacuer le bouchon de chaleur supérieur (ventilation de bas en haut ou par décapotage de la toiture);
  • de tenir compte de l'effet d'inertie sachant qu'une inertie forte (masse importante) tempère les surchauffes.

On peut éviter la climatisation de l'atrium en mettant des locaux refroidis qui lui sont adjacents en surpression. Si la climatisation de l'atrium est inévitable, on privilégiera les bouches à déplacement qui maintiennent "le froid" plus longtemps au sol. Enfin, on essayera de cloisonner l'atrium afin de mieux maîtriser son comportement thermique.

Atrium et sécurité incendie

En gros deux possibilités s'offrent au concepteur pour rendre l'atrium compatible avec la sécurité incendie :

  • l'atrium est considéré à part entière comme un compartiment séparé nécessitant un cloisonnement coupe-feu onéreux
  • l'atrium est assimilé à une galerie commerciale où les locaux adjacents sont équipés de sprinkage, des écrans de fumée prévus entre l'atrium et les locaux, et des extracteurs de fumée imposants montés au sommet de l'atrium.

Atrium et acoustique

L'atrium amortit remarquablement les bruits extérieurs mais on se méfiera de l'acoustique interne par la pose d'absorbeurs en façade. A noter que les protections solaires peuvent jouer le double rôle de limitateur d'apport solaire et d'absorbeur acoustique interne.

Quelques exemples de réalisation

Parmi les exemples, le mauvais choix énergétique est l'utilisation d'un chauffage "tout air neuf" pour l'atrium.

Choix du statut de l'atrium

De la double définition d'un atrium, on déduit deux visions, deux stratégies différentes :

 

[1] Un atrium est créé "en recouvrant d'une verrière l'espace séparant 2 bâtiments". C'est donc un espace protégé, tampon thermique par rapport à l'extérieur.

[2] Un atrium est créé "en ouvrant le coeur d'un large bâtiment". Sous ce regard, c'est un puits de lumière qui est recherché.

L'atrium ? D'abord un lieu privilégié de communication


Dans les 2 cas, c'est un espace convivial, noeud de communication au sein du bâtiment.

Galeries, halls d'hôtel, centres commerciaux ou lieu d'exposition, les atriums permettent d'apporter l'agrément des conditions extérieures (lumière naturelle, végétation) sans leurs désavantages. Ils ménagent l'utilisateur au niveau sensoriel (température contrôlée, bruit modéré, effet de vent nul).

En raison de ses dimensions et particularités, l'atrium est l'espace-référence de la composition architecturale autour duquel s'articulent les autres parties du bâtiment.

Ensuite un outil de climatisation passive


Thermiquement, un espace tampon est créé : un espace dont la température est à l'équilibre entre la température extérieure et celle du bâtiment.

Assurément, les déperditions du bâtiment sont diminuées en hiver (si l'atrium n'est pas chauffé) mais, simultanément, différents équilibres sont modifiés : la ventilation des locaux adjacents est perturbée, la charge de refroidissement d'été de ces locaux augmente puisqu'un effet de serre est créé dans le patio, ... si bien qu'une évaluation plus fine doit être réalisée pour déduire si le bilan énergétique annuel global est positif ou non.

Enfin un gouffre énergétique, s'il est conditionné !


Généralement, le maître d'ouvrage souhaite "exploiter" cet espace fort coûteux et demande alors le conditionnement de l'air de l'atrium. L'atrium prend alors le véritable statut d'espace intérieur. Mais les parois vitrées génèrent une consommation énergétique très élevée, de refroidissement en été et de chauffage en hiver.

Il est donc indispensable d'établir clairement, dès l'avant-projet, le statut de l'atrium : confort souhaité pour les occupants ? présence de plantations ? lieu de conférence (critères acoustiques) ?

Dans tous les cas, un comportement thermique complexe


L'atrium constitue le rêve de l'architecte car il peut y travailler ses matériaux de prédilection : l'espace et la lumière ! L'atrium est l'espace-référence de la composition architecturale autour duquel s'articulent les autres parties du bâtiment.

Mais c'est le cauchemar de l'ingénieur ... Il lui est en effet difficile de prédire le comportement thermique du lieu. Celui-ci dépend du taux de surface vitrée, de la configuration de l'atrium par rapport au bâti, de son orientation, du nombre d'étages, de l'existence de protections solaires, du taux de ventilation du volume ,...

A défaut de disposer de résultat de simulation spécifique, il aura logiquement tendance à surdimensionner l'installation pour couvrir sa responsabilité...

Choix de la configuration

Un atrium central ou linéaire est à recommander.

Par contre, les atrium "adjacent" ou "enveloppe" sont à éviter, leur comportement étant celui d'une serre, càd d'un espace en déséquilibre thermique suite à l'excès de surfaces vitrées par rapport aux masses thermiques de stockage. Il y fait trop froid en hiver et trop chaud en été.

Dans le cas de grandes constructions, la priorité est généralement donnée à l'éclairage naturel, dans ce cas l'atrium sera largement ouvert vers le ciel (afin de maximiser l'éclairage zénithal) et son axe principal sera Nord-Sud. On limitera d'autre part les surfaces Est et Ouest afin de réduire les surchauffes estivales.

Pour de plus petits bâtiments, des surfaces Sud vitrées peuvent contribuer au chauffage de l'atrium en hiver. Remarquons que dans tout type d'atrium, il est intéressant d'accepter un peu de rayonnement direct, afin d'une part d'accentuer les contrastes (amélioration de la perception de l'espace) et d'autre part d'apporter un supplément de lumière aux plantes qui ornent l'atrium. Ce supplément est souvent décisif puisqu'il permet alors d'éviter un appoint d'éclairage artificiel.

Sans connaître ce bâtiment ni sa fonction, une telle configuration ne nous paraît énergétiquement pas adéquate.

Des surchauffes importantes doivent probablement se produire en période ensoleillée.

Choix de la ventilation

La présence de l'atrium modifie l'organisation de la ventilation du bâtiment. Les mouvements d'air dépendront de la saison et de l'effet recherché.

En hiver

En hiver, l'air de l'atrium est sensiblement plus chaud que l'air extérieur. Si la prise d'air est réalisée dans l'atrium, un préchauffage de l'air neuf hygiénique des locaux est réalisé. En quelque sorte, c'est la chaleur du bâtiment lui-même qui est recyclée.

L'intérêt est renforcé en période ensoleillée puisque tout l'atrium sert alors de capteur solaire. Une économie d'énergie importante a lieu sur le préchauffage de l'air neuf.

Mais deux inconvénients apparaissent :

  1. Un bypass doit être créé pour que la prise d'air se fasse directement sur l'extérieur en été.

  2. Les critères de sécurité incendie doivent être respectés : l'atrium est souvent considéré comme un compartiment à part entière et des clapets coupe-feu doivent être prévus sur les conduites de ventilation lorsqu'elles passent d'un compartiment à un autre.

Malgré tout, le placement de la prise d'air neuf dans l'atrium mérite d'être étudié, tout particulièrement dans les bâtiments où les taux de renouvellement d'air souhaités sont très élevés (laboratoires, salles de spectacles, ...). Cette technique influence le concept architectural et doit être prise en compte dès l'esquisse, en étroite collaboration avec le bureau d'études.

En été

En été, on peut tirer profit de l'effet de cheminée afin de créer un mouvement d'air traversant, de l'extérieur vers l'atrium. Lorsqu'il fait très chaud cette thermo-circulation peut être maintenue de nuit afin de refroidir les structures comprises dans l'atrium. Une ventilation efficace pourra s'établir à condition de disposer d'ouvrants au niveau du sol et de la toiture (afin de tirer profit de l'effet de cheminée) :

   

Une partie verticale de l'atrium peut être ouvrante...

Les récupérations possibles

L'air de l'atrium peut être extrait des locaux adjacents, directement ou via le passage dans un caisson de traitement d'air complémentaire (pour le refroidir en été par exemple).

L'air de l'atrium peut également être pulsé dans les garages du bâtiment.

Valoriser les ventilateurs de désenfumage

La ventilation peut exploiter la présence des extracteurs de fumées. Ceux-ci sont prévus pour un débit d'air impressionnant, mais ils peuvent être fractionnés en plus petites unités. Une ou deux de ces unités peut être valorisée, pour activer un free-cooling de nuit par exemple. Généralement, il faudra soigner l'acoustique de ces unités car les extracteurs de désenfumage sont très bruyants. Il faut également vérifier qu'il y ait bien apport d'air de compensation.

   

Choix du chauffage

En principe, un atrium ne doit pas être chauffé, sa température doit être "flottante". Même si la température intérieure d'un atrium est souvent inférieure à 20°C en hiver, elle est toutefois largement suffisante pour certaines activités (circulations, loisirs). D'autre part, dès qu'un peu de soleil pénètre dans l'atrium l'occupant a très rapidement une sensation de confort quand bien même la température de l'air y est inférieure à 20°C. On isolera donc les parois communes au bâtiment principal.

Mais le maître de l'ouvrage souhaite souvent "valoriser" un tel espace (accueil, cafétéria, hall d'exposition, ...) et le maintien d'une température de consigne est alors recherché. Les déperditions par le vitrage seront importantes et cet espace devient générateur d'une consommation non négligeable. Un double vitrage à basse émissivité est recommandé. Par contre, l'isolation thermique des parois communes perd de son sens.

Privilégier le chauffage par rayonnement

Tout chauffage à air chaud va générer une stratification des températures dans le hall : l'air chaud montera, augmentant encore les pertes thermiques, tandis que les occupants auront froid au niveau du sol.

Sans hésitation, un mode de chauffage par rayonnement doit être choisi. Par exemple sous forme d'un chauffage par rayonnement dans le sol.

S'il s'agit simplement d'un comptoir d'accueil pour une hôtesse, une solution peut consister à l'entourer de parois vitrées chauffantes (chauffage électrique des vitres). Elle gardera tout son sourire !

Chauffer près de la source

Une autre manière de gérer le chauffage du lieu consiste à combattre le froid à sa source. Les grandes surfaces vitrées vont créer des coulées d'air froid désagréables pour l'occupant. Un rideau de chaleur peut combattre localement cet effet : placement de convecteurs statiques au pied de la vitre, jet d'air chaud dynamique, ...

Choix de l'éclairage

Le niveau de lumière naturelle dans l'espace vitré peut être maximalisé par l'utilisation de revêtements réfléchissants ou de vitrages clairs. De cette façon, la lumière naturelle est fournie aux pièces adjacentes et il n'est pas nécessaire d'éclairer artificiellement l'atrium durant la journée.

      

L'inclinaison des murs de l'atrium (par exemple de 10°) permet un accroissement important de lumière, car la composante directe augmente.

Cependant, le coût, la possibilité d'éblouissement et les pertes énergétiques à travers la toiture s'accroissent également...

La pénétration en profondeur de la lumière naturelle est privilégiée par des surfaces de parois claires et réfléchissantes.

Dans cette logique, on peut imaginer des vitrages réfléchissants pour les étages supérieurs.

Pour favoriser la pénétration de lumière dans les étages inférieurs, on peut adopter un pourcentage de vitrage différent suivant les étages.

Le gain est double :

Gestion de la surchauffe d'été

Les apports solaires sont très importants en été et le bilan annuel risque d'être négatif si un refroidissement mécanique est réalisé dans l'atrium, ou si le refroidissement des locaux adjacents doit être renforcé suite à la présence de l'atrium.

Limiter les apports solaires

Des dispositifs d'ombrage amovibles sont essentiels en été pour éviter les surchauffes.

Rappelons ici que des vitrages horizontaux captent 2 fois plus d'énergie solaire que des vitrages verticaux orientés vers le sud. On privilégiera donc un apport de lumière par des ouvertures vitrées verticales, Nord ou Sud suivant le désir d'un rayonnement direct.

   

Voilage intérieur d'un atrium près de la PostdammerPlatz à Berlin.

Organiser la ventilation

Il est utile d'analyser la distribution du rayonnement solaire direct sur les parois intérieures de l'atrium. Si le sol n'est pas "atteint", les parois verticales chauffées vont échanger leur chaleur par convection avec l'air ambiant. Un "bouchon d'air chaud" va se former en partie supérieure de l'atrium. Ce n'est pas grave (puisque l'occupant vit sur le sol de l'atrium) pour autant que l'excédent puisse être évacué par ventilation.

Deux difficultés apparaissent :

[1] Concilier protections solaires et ventilation.

[2] Apporter l'air en partie inférieure. A défaut, on tentera la ventilation transversale.

En quelque sorte, c'est le principe de la voiture décapotable qui doit être adopté !

Un exemple d'atrium "décapotable"

Il s'agit d'une galerie commerciale, protégeant les clients des rigueurs de l'hiver...

   

... mais dont la toiture vitrée s'ouvre automatiquement (vérins) en été pour éviter toute surchauffe intérieure.

L'importance de l'inertie des parois

Des études ont pu montrer toute l'importance de l'inertie des parois.

Si l'atrium n'est pas climatisé, la masse thermique des murs et du sol absorbe les excès de chaleur, ce qui permet de réduire la pointe de température du lieu.

Par exemple, la simulation d'un atrium constitué de murs lourds (béton lourd de 20 cm + 2 cm de gypse, soit 520 kg/m²) montre une diminution de 6°C de la gamme de température en été par rapport à des parois légères (châssis de 80 kg/m²). Cet impact est similaire à celui de la réduction de la surface vitrée de 50 %.

Si l'atrium est climatisé, la consommation énergétique est moins sensible à l'inertie des parois, puisque toute chaleur entrée doit être évacuée. La puissance frigorifique de dimensionnement sera cependant plus faible.

Mise en surpression des locaux adjacents

Il est possible d'éviter la climatisation du hall de l'atrium si tous les locaux refroidis qui donnent sur l'atrium sont mis en surpression. Une surchauffe temporaire dans celui-ci ne les perturbera pas.

Si la climatisation est organisée, l'utilisation de bouches à déplacement est fortement recommandée.

Le principe consiste à diffuser à l'horizontale de l'air frais (donc plus lourd que l'air ambiant) à basse vitesse. Cet air froid se réchauffera au contact des occupants (ce qui est bien l'objectif) puis montera pour être alors extrait par une grille de reprise en hauteur.

Atrium Beaulieu à Bruxelles...

...refroidi avec des bouches à déplacement

Cette technique est parfaite sur le plan énergétique puisqu'elle évite de refroidir l'ensemble du hall. Elle est couramment appliquée dans les aéroports, si bien que des modèles nettement plus esthétiques que celui de notre photo ont été mis au point par les fabricants !

Importance du cloisonnement des espaces capteurs d'énergie solaire

Lorsqu'un atrium est créé, il est essentiel de pouvoir le délimiter pour en gérer le comportement thermique. Un exemple classique de ce problème est donné par une cage d'escalier ou une zone de circulation, séparant deux bâtiments. Il est fréquent de la concevoir totalement vitrée, comme rupture visuelle entre les deux entités.

Il est clair qu'une surchauffe apparaîtra dans cet espace en plein été. Pour la gérer au mieux (ou pour limiter les consommations de climatisation), des portes doivent limiter cette zone, et une ventilation doit pouvoir être organisée par ouverture (automatique ou manuelle) de fenêtres en partie supérieure et inférieure du volume.

Atrium et sécurité incendie

Le concept du compartimentage

Sans pouvoir donner ici une information complète sur ce domaine complexe, il apparaît que l'atrium peut être en conflit avec le principe de base dans la lutte contre l'incendie : le compartimentage des espaces.

A ce titre, les pompiers imposent parfois que l'atrium soit un compartiment à part entière, empêchant tout accès libre entre les étages et l'atrium (portes coupe-feu, parois vitrées RF, ...).

Un compromis est possible si l'atrium est traité comme la galerie d'un centre commercial. Dans ce cas, un sprinklage sera installé dans les bureaux et des écrans de fumée seront prévus entre atrium et étages. Des extracteurs de fumées très puissants seront installés au sommet de l'atrium.

La stratégie du désenfumage

Au démarrage du feu, une couche de fumées se répand sous le plafond d'un hall non ventilé, entraînant un appel d'air latéral.

Si le lieu est clos, les fumées redescendront en piégeant les occupants encore présents.

Si le lieu est partiellement ouvert, l'appel d'air exercé par le feu va générer un retour de fumées mélangées à l'air, empêchant toute visibilité à l'occupant qui est désorienté.

La stratégie d'intervention consiste à circonscrire la zone (appelée "canton") par des écrans de fumées, à en ouvrir la partie supérieure et à y forcer un débit d'extraction important, un débit d'air dit de compensation étant assuré latéralement.

Quelques contraintes pratiques

Un incendie est normalisé comme une source de fumées et de chaleur dont l'importance est liée aux combustibles présents dans le bâtiment. Le débit d'air nécessaire lui sera lié. Par exemple, dans un bureau, un incendie est normalisé comme une source théorique de 6 Méga Watts sur 47 m². Le débit de désenfumage sera de l'ordre de 300 000 m³/h ! Mais dans un bureau sprinklé, la puissance considérée est ramenée à 1 MW.

Un canton ne peut dépasser 2 000 m² ou 60 m de largeur.

Le bureau d'études calculera le débit d'air sur base d'une température de fumées ne dépassant pas 300°C, rendant impossible le "flash over", càd l'auto-inflammation des matériaux du bâtiment et l'embrasement général (600°C). Le calcul est complexe parce que si les fumées sont trop fortement refroidies, la force ascensionnelle diminue et les fumées s'évacuent moins bien.

Les écrans de fumée, fixes ou amovibles, doivent descendre au minimum 50 cm plus bas que la couche de fumée dont l'épaisseur est calculée par le bureau d'études. Parfois, c'est l'architecture même du bâtiment qui fait office d'écran (Centre commercial Belle Ile à Liège).

Si le désenfumage est réalisé en ventilation naturelle, les exutoires statiques de fumées doivent s'ouvrir largement. Une ouverture de ventilation classique ne peut être adoptée.

Exutoires naturels non admis.

Exutoires naturels admis par la NBN S 21-208.

Ces ouvrants doivent s'ouvrir automatiquement en cas de coupure du courant : si le vérin qui maintient l'ouvrant fermé n'est plus alimenté en électricité, il libère un ressort qui ouvre l'exutoire.

Il ne faut pas oublier l'apport d'air de compensation au bas de l'atrium, les 300  000 m³/h devant être apportés au local.

L'ensemble de ces équipements alourdit fortement le budget de l'atrium.

Réglementation

Le désenfumage fait l'objet de nouveaux développements réglementaires :

Au niveau belge, on consultera :

Atrium et acoustique

En milieu urbain, l'atrium isole de façon remarquable des bruits extérieurs.

Un traitement acoustique doit toutefois être mis en oeuvre afin de réduire la résonance des bruits intérieurs. En effet, le grand volume de l'atrium, ainsi que la présence de parois dures, engendre des temps de réverbération acoustique élevés. Ceci peut conduire à des réflexions gênantes dans l'atrium, et vers les locaux adjacents. Pour réduire le temps de réverbération, on intègre des éléments absorbants en façade, ainsi que des protections solaires au niveau du toit.

Le niveau sonore recommandé est fonction de l'occupation, mais se situe entre 40 et 50 dB(A) (à comparer aux 35 à 40 dB(A) demandés dans les bureaux).

Exemple d'absorbeurs acoustiques intégrés sur les parois d'un atrium.

Quelques exemples de réalisation

Un exemple positif

Exemple d'un atrium bien dimensionné.

Au Lycée Vinci de Calais, une dynamique est donnée par les 3 ouvertures : bandeau lumineux sur toute la longueur, coupole en toiture, pignons vitrés aux deux extrémités.

Aucun traitement d'air n'est organisé.

Si toute la toiture avait été ouverte, l'énergie incidente aurait entraîné des surchauffes en été.

   

   

 

 

Un exemple ... qui nous semble moins positif

Il s'agit d'un atrium central, inséré au cœur d'un immeuble de bureaux.

L'atrium sert de réfectoire au personnel.

Passerelles de communication internes.

Vue à hauteur du troisième étage...

...complétée par la vue depuis un bureau donnant sur l'atrium.

Jusqu'ici aucun problème, nous direz-vous... Sauf que pour chauffer l'atrium, il a été prévu un chauffage à air, en "tout air neuf". Un groupe de traitement d'air prend 4 000 m³/h d'air extérieur, le chauffe à 26°C et le pulse via 4 bouches intégrées dans le sol, aux 4 coins de l'atrium. Cet air chaud monte sous le vitrage... où il est directement extrait par des groupes d'extractions posés sur le toit ! Aucun recyclage n'est prévu.

En hiver, les occupants se plaignent (à juste titre) d'inconfort, notamment suite à la turbulence de l'air près du sol, si bien que le groupe n'est jamais arrêté, ni la nuit ni le WE, malgré un usage effectif comme réfectoire limité à 2 heures par jour.

Le chauffage de cet espace a été estimé à 18 000 litres de fuel par an, soit l'équivalent de 9 habitations individuelles.

Groupe de traitement d'air.

Bouche de pulsion de 1 000 m³/h intégrée dans le sol.

Extraction de l'air en toiture.

Ventilateur d'extraction.

 

 

Un exemple ... discutable

Au départ, un souci de communication entre 2 bâtiments...

...qui génère un volume vitré fort élevé.

Malgré l'ouverture partielle de la toiture, les occupants des derniers étages soufrent de surchauffe...

Des ventelles ouvrantes à 2 m de hauteur...

 

...permettent de donner une ambiance agréable au-rez de-chaussée.

Cet atrium est inséré entre des locaux de bureaux non climatisés. Or ceux-ci sont plutôt en excédent de chaleur suite à leurs apports internes. Dès lors, le fait de les "priver" du contact direct avec l'air extérieur ne facilite pas leur refroidissement naturel et crée un sentiment d'étouffement à l'étage supérieur...

Finalement, un résultat mitigé... pour un budget qui lui ne l'est pas !

Un exemple à visiter

L'atrium de HEC (Hautes Etudes Commerciales) à Liège est également un exemple très intéressant à visiter. Bien qu'extrêmement étroit, il est l'âme du bâtiment, lieu de communication entre tous les étages...

Des exemples à l'étranger

Voici deux exemples de bâtiments en Angleterre dans lesquels les concepteurs ont réalisé une ventilation naturelle du bâtiment en été (sans climatisation). L'atrium est alors un outil de cette stratégie.

Le centre administratif de Powergen.

Le "Queen's Building" de l'Université De Monfort.

 

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