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L'enduit isolant

L'enduit isolant consiste en une couche isolante constituée par un mortier composé de granulés (polystyrène expansé et/ou perlite, ...) et d'un liant de type ciment. Si le mur est très absorbant, un mortier d'accrochage est préalablement projeté sur celui-ci pour assurer une bonne adhérence entre le support et l'enduit isolant. La couche isolante est ensuite recouverte d'une couche de finition le plus souvent à base d'un liant hydraulique (cimentage).

  1. Mur plein.
  2. Couche d'accrochage.
  3. Enduit isolant.
  4. Enduit minéral décoratif.

Remarque.

Les mortiers constitués de ciment et de billes de polystyrène expansé ou de perlite siliconée ont, en général, une masse volumique comprise entre 200 et 450 kg/m³ et un coefficient de conductivité thermique entre 0,07 et 0,12 W/mxK. Ces enduits dits "isolants" ne peuvent donc être considérés comme des isolants proprement dits.
Dès lors, cette technique nécessite des épaisseurs excessives pour atteindre un coefficient de transmission thermique U de 0,4 W/m²K.

 

Le panneau isolant revêtu d'un enduit + Mise en œuvre

Ce système est le plus courant.

Il est constitué :

  • De panneaux de polystyrène expansé, de panneaux semi-rigides de laine minérale, de verre cellulaire ou de polyuréthane, ... Ces panneaux sont collés et/ou fixés mécaniquement au support.

  • D'un enduit de finition armé d'un treillis synthétique ou métallique.

Remarque : ci-dessous, on n'a représenté que la partie courante du mur. L'isolation par l'extérieure de la partie du mur enterré n'est pas représentée ici.

  1. Mur plein.
  2. Mortier de collage de l'isolant.
  3. Panneau d'isolation.
  4. Armature synthétique ou métallique + sous-couche de l'enduit.
  5. Enduit de finition.
  6. Profilé de socle.

Remarques.

  1. Le système à base de panneaux de polystyrène expansé est le plus courant. Les panneaux (50 à 60 cm de largeur et 100 à 120 cm de longueur) peuvent être pourvus de languettes et rainures facilitant l'assemblage.

  2. Les systèmes à enduit nécessitent un entretien tous les 10 ou 15 ans pour des raisons esthétiques (encrassement de l'enduit).

Mise en oeuvre 

  1. Préparation du support :
    Pour un support ancien recouvert de peinture ou d'un enduit, il y a lieu de vérifier leur bonne adhérence à la maçonnerie et leur comptabilité avec le produit de collage de l'isolant. Toute partie qui ne serait pas stable doit être décapée.
    Si la surface de l'enduit est irrégulière, celle-ci doit être réagrégée.
    La surface doit être propre et dépoussiérée (brossage). Elle doit être sèche.

  2. Pose des panneaux :
    Un profilé en aluminium anodisé destiné à supporter la première rangée de panneaux isolants est fixé mécaniquement dans la maçonnerie à 20 cm au moins au-dessus du sol. Les panneaux sont posé à joints serrés et alternés, le plus long côté à l'horizontale en partant du profilé de socle.
    Les panneaux sont placés à joints alternés. Aux angles, les joints sont également alternés.
    La fixation se fait :

    • Soit par collage intégral sur le support si le support est lisse et plan (pas de défauts de planéité supérieurs à 10 mm sur la règle de 2 m). Le mortier-colle est appliqué sur l'ensemble du panneau isolant au moyen d'une spatule dentelée (un léger déplacement du panneau au moment de son application contre le mur permet d'obtenir une bonne adhérence).

    • Soit, par collage partiel si le support est irrégulier (défaut de planéité compris entre 10 et 20 mm sur la règle de 2 m). Le mortier-colle est appliqué par plots ou par bandes.

    • Soit, par fixation mécanique s'il reste un doute sur la bonne adhérence entre le panneau et le mur. Les panneaux sont fixés au moyen de chevilles en matière synthétique et de tiges percutées.

    Lorsque la fixation de tous les panneaux est terminée, la face extérieure présente une face tout à fait plane sans irrégularités.

  3. Renforcement des angles
    Les angles sont renforcés au moyen de profilés perforés en aluminium ou en acier inoxydable.

  4. Pose de l'enduit
    Une couche de fond est appliquée sur l'isolation. Sa composition peut être identique à celle du mortier-colle. Au cours de l'application de la couche de fond, un tissu d'armature y est incorporé à sa mi-épaisseur. L'armature peut être un tissu synthétique (en général, fibre de verre) ou une armature métallique résistante à la corrosion. Il faut un recouvrement de bande de 10 cm minimum. Il ne peut pas y avoir de joint au droit des angles.
    Au droit des angles de baies, une armature similaire à la précédente est également disposée dans le prolongement de la diagonale de la baie, afin d'y limiter le risque de fissuration de l'enduit.
    Cette armature doit être posée en continuité avec les armatures de rive ou d'angle afin d'éviter la fissuration de l'enduit à la jonction avec ces profilés.
    L'enduit décoratif est appliqué dans les délais prescrits par le fabricant du système. Les enduits minéraux ne peuvent être appliqués par temps très chaud et/ou venteux. Les enduits synthétiques doivent être appliqués par temps sec.
    L'ensuit permet d'obtenir différents états de surface : lissé, frotté, gratté...
  5. Remarque.

    Les joints de dilatation du support doivent être répercutés dans l'isolation et dans l'enduit. Les rives libres des panneaux, ainsi que les bords des joints de mouvement sont protégés par des profilés "ad hoc" faisant partie du système.

 

Les panneaux d'isolation complétés d'une structure supportant l'enduit

 

Cette technique se rapproche de la précédente, mais l'isolant est disposé entre les éléments d'une structure. Cette structure sert de support à l'armature de l'enduit. L'enduit est le plus souvent minéral et est indépendant de l'isolant.

  1. Maçonnerie monolithique ou voile de béton + ancien enduit éventuel.
  2. Ancrages.
  3. Isolant thermique.
  4. Armature de l'enduit.
  5. Ossature.
  6. Enduit (sous-couche + finition).
  7. Fixation de l'isolant.
  8. Lame d'air (ventilée ou non).

Remarque : la structure bois doit être traitée contre les attaques par les champignons et les insectes.

 

L'isolation thermique protégée par un bardage

Ce système est identique au précédent sauf que l'enduit armé est remplacé par un bardage (ardoise, lamelles métalliques ou plastiques, revêtement en bois, ...) fixé sur l'ossature.

Remarque : ci-dessous, on n'a représenté que la partie courante du mur. L'isolation par l'extérieure de la partie du mur enterré n'est pas représentée ici.

  1. Maçonnerie existante
  2. Structure (bois ou métallique) verticale ou horizontale selon le type de bardage, ayant l'épaisseur de l'isolant
  3. Isolant thermique posé entre lattes et fixé mécaniquement à la paroi (chevilles)
  4. Lattage fixé transversalement à la structure
  5. Bardage (ardoises naturelles ou synthétiques, bois, feuilles métalliques...)
  6. Bavette pour évacuer les eaux infiltrées vers l'extérieur.

Remarque : la structure bois doit être traitée contre les attaques par les champignons et les insectes.

 

Les éléments isolants préfabriqués

Ce système est constitué de panneaux comportant une âme isolante et un revêtement métallique, synthétique, minéral ou des plaquettes de brique. Les panneaux sont fixés mécaniquement sur le mur.

  1. Mur porteur.
  2. Plaquette de brique.
  3. Isolant.
  4. Fixation mécanique.

 

Création d'un mur creux isolé

Un isolant est posé contre le mur plein. Il est fixé mécaniquement à la paroi à l'aide de crochets et rondelles. Un mur de parement est monté devant l'isolant en laissant ou non un espace formant coulisse, dans ce cas, celle-ci a une épaisseur de 2 à 3 cm. Le mur de parement est également relié mécaniquement au mur porteur via les crochets. Les déchets de mortier dans la coulisse sont enlevés au fur et à mesure de l'élévation du parement. On obtient ainsi un réel mur creux "moderne".

  1. Maçonnerie existante.
  2. Cornière métallique avec protection anti-corrosion, ancrée mécaniquement au mur porteur.
  3. Membrane d'étanchéité pour protéger l'isolant contre l'humidité.
  4. Membrane d'étanchéité collée au mur porteur et engravée, et joint vertical ouvert.
  5. Isolant thermique.
  6. Mur de parement.

 

Quelques conseils de mise en œuvre

Avant d'isoler, la surface de la maçonnerie existante doit être sèche, propre et dépoussiérée.

Dans le cas d'un remplissage partiel de la coulisse, tous les panneaux isolants sont fixés. On contrôle ensuite toute la surface (fermeture des joints, ancrage des crochets, intégrité des panneaux, ...). Ensuite seulement, le mur de parement est monté.
Dans le cas d'un remplissage intégral, l'isolant est en général une laine minérale traitée (hydrophobe et non capillaire). Le mur de parement est monté en même temps que l'isolant.
Une membrane d'étanchéité et un joint vertical ouvert doit être prévu à toute interruption de la coulisse (pied de mur, linteau) pour drainer vers l'extérieur les eaux infiltrées dans la coulisse.

Les joints de la maçonnerie de parement doivent être bien fermés de manière à éviter les infiltrations d'eau.

 

L'étanchéité à l'eau de pluie du mur plein isolé par l'extérieur

La mise en oeuvre d'une isolation par l'extérieur exige que l'isolant soit protégé de l'eau de pluie. Dans le cas d'un parement extérieur non étanche à l'eau (bardage, maçonnerie, ...), il est nécessaire de prévoir une coulisse pour drainer l'eau qui se serait infiltrée au-delà du parement ainsi qu'une sortie au pied du mur pour évacuer cette eau vers l'extérieur. Cette technique peut également être utilisée lorsque l'enduit est supporté par la structure indépendante.
Lorsque l'enduit est directement appliqué sur l'isolant, c'est lui qui assure l'étanchéité à la pluie. Il doit être choisi tel qu'il n'absorbe pas trop d'eau et que celle qu'il aurait absorbée sèche rapidement par l'extérieur.

 

La condensation superficielle du mur plein isolé par l'extérieur

L'isolant thermique extérieur suffisamment épais et correctement mis en oeuvre permet de supprimer tout risque de condensation superficielle sur la face intérieure du mur. En effet, elle permet, dans la plupart des cas, d'éviter tous les ponts thermiques.

Il faut toutefois veiller à la continuité de l'isolation au niveau des détails suivants :

  • soubassement de façade,
  • retour de baie,
  • éléments en encorbellement (balcons, corniches, ...),
  • jonction entre le mur isolé et le mur extérieur (mur coupe-vent, par exemple).

 

La condensation interne du mur plein isolé par l'extérieur

Le mur plein isolé par l'extérieur ne présente pas de risque de condensation interne pour autant que la migration de vapeur puisse se faire normalement de l'intérieur vers l'extérieur. Ce qui peut s'obtenir des 3 façons suivantes :

  • Soit par une finition extérieure perméable à la vapeur tout en étant imperméable à la pluie battante, pour autant que le climat intérieur soit "normal" (classe de climat intérieur inférieure à III).

La mise en oeuvre de l'isolation du côté extérieur empêche la formation de condensation interne pour autant que l'isolation ne reçoive pas une finition étanche à la vapeur d'eau.

  • Soit par une lame d'air ventilée entre l'isolant et la finition extérieure.
  • Soit dans le cas d'un revêtement extérieur imperméable à la vapeur, en plaçant un pare-vapeur sur la face intérieure du mur ou du côté chaud de l'isolant.

 

L'étanchéité à l'air

Il faut éviter, à tout prix, que de l'air froid extérieur, ne puisse s'infiltrer du côté intérieur du mur; ce qui réduirait sensiblement l'efficacité de l'isolation. Pour que cette étanchéité soit effective, il faut que les panneaux isolants soient posés de manière bien jointive. De plus, si l'isolant est perméable à l'air (laine minérale, par exemple), il doit être posé sur un support lui-même étanche à l'air.

De plus, pour éviter  les courants de convection, les panneaux doivent être appliqués contre le mur-support. Le risque est encore plus important lorsqu'il y a une lame d'air ventilée entre l'isolant et le parement extérieur.

Enfin, il faut éviter toute perforation de la maçonnerie intérieure qui permettrait une pénétration directe d'air intérieur (humide) dans l'isolant.

 

Comportement thermique du bâtiment isolé par l'extérieur

L'isolation extérieure permet de garder accès à la capacité thermique du bâtiment; ce qui entraîne des refroidissements et réchauffements moins brutaux du climat intérieur.
Cela permet de réduire les risques de surchauffe en été.
Mais en cas de chauffage intermittent, le réchauffement prendra plus de temps.

 

Comportement aux fissurations du mur plein isolé par l'extérieur

Le placement de l'isolant du côté extérieur de la maçonnerie réduit très fortement les variations de température au sein de la maçonnerie. En effet, celles-ci restent très proches des températures intérieures relativement constantes par rapport aux températures extérieures. Ce qui supprime pratiquement les risques de fissurations d'origine thermique de la maçonnerie.

Evolution de la température au sein d'un mur plein isolé par l'extérieur lors d'une journée d'été et lors d'une journée d'hiver.

  1. Enduit extérieur.
  2. Isolation thermique (5 cm).
  3. Maçonnerie.
  4. Enduit intérieur.

Par contre, vu la position de l'isolant et la faible inertie thermique de l'enduit extérieur, celui-ci peut être soumis à des écarts de température allant jusqu'à plus de 50°C. Pour réduire le risque de fissuration de l'enduit (sans l'exclure), celui-ci doit donc être muni d'une armature.

Remarque : ce sont les variations de température de courte période qui provoquent le plus de sollicitations thermiques dans l'enduit extérieur.

 

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